Accueillir la lumière 
Tom Ravetz
Prêtre à Forest Row (Angleterre) - Recteur pour le Royaume-Uni et l’Irlande
Responsable éditorial de Perspectives
Lire les signes des temps - voilà un défi qui semble plus important, et peut-être plus difficile aujourd'hui que jamais auparavant dans notre vie. Les voix ne manquent pas pour nous dire comment interpréter ce qui se passe autour de nous.
Certains semblent convaincus de connaître les réponses définitives à un éventail étonnant de questions à propos de géopolitique, d'épidémiologie et de politique de santé publique. D'autres semblent satisfaits d'accepter les explications « officielles », même lorsque cela implique d’accepter sans commentaire des revirements et des changements de cap dans les politiques.
J'ai un ami qui a cessé de signer ses messages d'un « Prends soin de toi ! [stay safe] » qu'il remplace par un « Reste éveillé ! [stay awake] ».
J'ai été inspiré par un essai de Charles Eisenstein[1], que j'avais lu au début de la crise. Il y décrit un chemin d'honnêteté vers lui-même sur ce qu'il ne sait pas, ainsi que sur ce qu'il sait. Quelles que soient les informations qui nous parviennent, nous pouvons prêter attention à notre propre processus de connaissance, en examinant ce qui pourrait nous amener à décider qu'une chose est vraie et qu'une autre ne l'est pas. Nous pouvons également être proactifs en nous informant sur le monde. Après nous être confrontés de manière approfondie aux actualités ou aux sources d'informations qui nous intéressent, nous pouvons laisser les détails s'estomper et nous concentrer sur notre état intérieur.
Dans le calme qui croît en notre âme, nous pouvons nous mettre à l'écoute de pensées qui n'émanent pas de nous-mêmes, mais des êtres spirituels qui prennent soin du monde. Nous pouvons imaginer l'Esprit du temps, cet être dont la conscience dépasse les individus et les groupes de personnes pour s'étendre à l'ensemble de la « génération actuelle » - comme le décrit Jésus dans les évangiles. Pourrait-il agir avec une force particulière à une époque où l'humanité est unie par les mêmes préoccupations ? Au-delà de ce niveau de conscience, nous pouvons deviner le travail des esprits qui englobent la planète entière dans son évolution. Comme les problèmes qui ont conduit à cette crise dépassent le cadre humain pour atteindre celui de la planète, nous pourrions imaginer que l'Esprit de l'époque, un être de la Troisième Hiérarchie, travaille avec des êtres de la Deuxième Hiérarchie, dont le champ d'action est le monde créé lui-même. Cette pensée en elle-même peut être une source de réconfort et de force : nos préoccupations sont partagées avec des êtres bienveillants bien plus grands que nous.
Un éminent théologien a fait remarquer un jour que si la prière est une conversation, nous pouvons constater qu'elle fonctionne mieux lorsque nous écoutons davantage que nous ne parlons, comme dans toute autre conversation.
En créant un espace où nos pensées et les nombreuses pensées des autres êtres humains peuvent s'estomper, nous pouvons créer le calme nécessaire à l'écoute. Nous pouvons alors découvrir - non pas sous forme d'idées dogmatiques et fixes, mais sous forme de pensées qui nous amènent à nous poser d'autres questions - comment les êtres spirituels qui accompagnent nos destinées et celles de notre monde perçoivent les crises et les défis auxquels nous sommes confrontés, non pas comme des aberrations ou des erreurs, mais comme des occasions d'apprendre et de grandir.
Il se peut alors que notre façon d'appréhender les événements mondiaux soit subtilement transformée. Nous commençons à voir des opportunités de croissance et de transformation même dans les développements qui nous semblaient les plus inquiétants.
[1] charleseisenstein.org/essays/the-coronation/
Traduit de l’anglais par Philia Thalgott
Editorial paru dans « Perspectives (June-August 2020 – Vol. 90) »
http://perspectives-magazine.co.uk/


